Pr. M. D. Hassan Ali Al-Fraji.
Réfutation de la suspicion que l'écriture en arabe classique n'atteint pas le destinataire
A.M.D. Hassan Ali Al-Faraji
Département de la langue arabe, Faculté des lettres
Cette suspicion a été propagée par les ennemis de la langue arabe, et les étudiants en sciences, diplômés des départements de langue arabe et de jurisprudence, l'ont acceptée avec satisfaction, commençant à écrire dans les dialectes locaux vernaculaires. C'est un désastre sans précédent ! Qui va préserver la langue arabe si ce ne sont pas ses locuteurs !? Il n'est pas convenable pour un étudiant en sciences de descendre au niveau des non-initiés qui attendent de lui quelque chose de linguistique qu'il leur enseigne, alors qu'il contribue à la perte et à l'entrave de la langue arabe.
Je vous informe d'une chose : les gens ordinaires comprennent le langage littéraire sans aucune difficulté, et il n'existe pas d'arabe qui ne comprenne pas la langue arabe. La preuve en est qu'ils discutent de ce que les étudiants en sciences écrivent dès qu'ils publient leurs articles sur les réseaux sociaux, que ce soit pour poser des questions, soutenir ou s'opposer à une question particulière. En fait, ils relancent la discussion oralement lors de la première rencontre après la publication de l'article.
De plus, tous les interlocuteurs ne sont pas des gens ordinaires, même si nous supposons, à titre d'argument, que les gens ordinaires ne comprennent pas le discours en arabe classique.
Je dis à ceux qui soutiennent l'écriture dans le dialecte vernaculaire : les dialectes dominants aujourd'hui sont nombreux et variés, dans quel dialecte un étudiant en sciences doit-il écrire pour être compris par le destinataire !? Surtout que certains dialectes sont complexes et ne sont compris que par leurs locuteurs, et ils intègrent constamment de nouveaux termes étranges. Par exemple, le dialecte bagdadien des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix est différent du dialecte dominant aujourd'hui, tout comme le dialecte d'Al-Anbar. Si vous écrivez dans votre dialecte, seuls vos proches de votre ville vous comprendront, et les autres seront privés de votre savoir, ce qui est une trahison à la science que de parler aux gens de ce qu'ils ne comprennent pas.
C'est ce qui a poussé certains activistes sur les plateformes de réseaux sociaux à utiliser des mots de l'ancien dialecte d'Al-Anbar qui ne sont plus en usage, leur intention étant de faire rire les gens et d'augmenter le nombre de leurs abonnés, sachant que ces mots n'existent plus aujourd'hui dans l'usage quotidien, car les dialectes changent et évoluent au fil des générations.
La raison pour laquelle la langue arabe est délaissée et non écrite a plusieurs causes, les plus importantes étant :
La crainte de commettre une erreur linguistique particulière ; cela cause de l'embarras à son auteur devant ses pairs.
Le locuteur ou l'écrivain craint de lever un accusatif ou de mettre un génitif à l'accusatif ou de tirer un nominatif, et ainsi de suite... C'est cette véritable raison qui a poussé les gens à s'abstenir d'utiliser la langue arabe dans leurs communications et correspondances, et non pas parce qu'il n'y a personne pour comprendre la langue arabe. C'est une peur injustifiée et mal placée, car qui ne fait pas d'erreurs ou ne commet pas de fautes dans ses paroles et ses écrits !? Nous faisons des erreurs pour apprendre, et personne n'est né savant.
Apprenez donc, car l'homme ne naît pas savant... et celui qui a du savoir n'est pas comme celui qui est ignorant.
Nous devons donc préserver la dignité, la force et l'authenticité de notre langue arabe en l'intégrant dans les divers domaines de la vie, dans les discours, l'enseignement, les conférences, les colloques, les séminaires, les communications officielles et non officielles, et les publications sur nos pages sociales. J'espère m'éloigner des dialectes vernaculaires autant que possible, car ils sont le chemin de la perte de notre langue et de la perte de notre identité.



